Soutien des familles et du milieu scolaire essentiel à la bonne santé des jeunes trans d’après une étude de UBC

Une nouvelle étude nationale démontre que, bien que les jeunes transgenres au Canada se confrontent à d’importantes difficultés en matière de santé physique et mentale, la présence de liens forts avec leur famille, leur école et leur communauté permet à beaucoup d’entre eux de combattre ces problèmes.

Cette étude, la première et la plus grande de son genre au Canada, a rencontré la participation de 923 jeunes âgés de 14 à 25 ans. Ces participants ont répondu en français ou en anglais à un éventail de questions sur leur vie à la maison et à l’école, leur santé physique et mentale, leur accès aux services de santé et l’identité de genre.

« Beaucoup de jeunes avaient fait face à de la discrimination, du harcèlement et de la cyber-intimidation durant l’année passée, » explique Elizabeth Saewyc, la chercheuse principale de l’étude et une professeure à l’Université de Colombie-Britannique. « Par exemple, deux tiers des personnes interrogées ont indiqué qu’elles avaient été discriminée à cause de leur identité de genre. »

Chose peu étonnante, beaucoup de participants avaient aussi fait face à des difficultés en matière de santé mentale – presque deux tiers ont déclaré qu’ils avaient pratiqué l’automutilation durant l’année passée, et plus d’un sur trois avaient fait une tentative de suicide.

L’accès aux soins était aussi un problème récurrent, et seulement 15 pourcent des jeunes qui avaient un(e) médecin de famille se sentaient « très à l’aise » pour discuter de leurs besoins médicaux propres à leur statut trans.

Mais le rapport met aussi au jour des sources positives de soutien dans la vie des jeunes trans : les parents, la famille, le personnel scolaire et les adultes de leur communauté, surtout lorsque ces adultes soutenaient les jeunes pour que ceux-ci puissent vivre dans leur identité de genre désirée.

« Lorsque qu’un jeune avait un adulte qui le soutenait dans sa famille, il était quatre fois moins susceptible de s’être automutilé au cours des douze derniers mois, » révèle Saewyc. « Si un jeune avait un fort sentiment d’appartenance à l’école, il était presque deux fois plus susceptibles d’indiquer avoir une bonne ou excellente santé mentale, par rapport à ceux qui avaient un faible sentiment d’appartenance à l’école. »

Le rapport demande que l’on mette en place des mesures pour accroître le bien-être des jeunes trans, y compris : un meilleur soutien des familles, afin qu’elles puissent comprendre et soutenir leurs enfants trans ; des écoles plus sécuritaires et inclusives ; des services de santés plus adaptés à servir les jeunes trans d’une façon qui affirme leur identité de genre ; et la réduction de disparités entre provinces dans le système de santé.

« Il est tout aussi essentiel pour les jeunes trans que pour les autres jeunes d’avoir des adultes qui les aiment et qui s’intéressent à eux, que ce soit à la maison, à l’école ou dans leur communauté. En remodelant nos systèmes sociétaux, nous mettons en place les bases pour qu’ils puissent grandir de manière saine. »

L’étude, intitulée Être en sécurité, être soi-même, a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada. Des copies du rapport sont disponibles en français et en anglais sur www.saravyc.ubc.ca.

L’équipe de recherche est disponible pour des entretiens en français et en anglais. Merci de contacter Tracy Tang au 778-888-6848 ou tracy.tang@nursing.ubc.ca 

This release is available in English

À propos de l’enquête:

L’enquête canadienne sur la santé des jeunes trans était ouverte entre octobre 2013 et mai 2014. L’enquête était anonyme, mais nous avons demandé aux participants d’indiquer leur province et code postal de résidence. Des jeunes ont participé depuis toutes les provinces et territoires à l’exception du Nunavut et du Yukon.

Cette enquête a été financée par l’Institut de la santé des femmes et des hommes, qui fait partie des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Les IRSC sont l’organisme fédéral de financement de la recherche en santé au Canada.

Résultats clés:

  • Quatre-vingt-trois pourcent des participants vivaient dans leur identité de genre désirée au moins une partie du temps (la moitié d’entre eux vivaient dans leur identité de genre désirée tout le temps). Ceux qui vivaient dans leur identité de genre désirée tout le temps étaient presque 50% plus susceptibles de déclarer qu’ils avaient une santé mentale bonne ou excellente.
  • Presque deux-tiers des jeunes ont déclaré s’être automutilés durant l’année passée. Plus d’un sur trois avaient fait une tentative de suicide.
  • Soixante-dix pour cent des participants ont dit avoir fait l’objet d’harcèlement sexuel. Deux-tiers ont indiqué avoir été victime de discrimination en raison de leur identité de genre.
  • Plus d’un sur trois, soit 36 pour cent, des participants plus jeunes (14 à 18 ans) avaient été menacés physiquement ou blessés durant l’année passée.
  • Un jeune sur trois n’avait pas d’adulte dans sa famille à qui parler de ses problèmes, et sept sur dix estimaient que leur famille ne les comprenait pas. Quand ils avaient le sentiment que leur famille les aimait et les soutenait, ils indiquaient aussi être en meilleure santé.
  • Seulement 15 pour cent des jeunes qui avaient un(e) médecin de famille ont dit être à l’aise pour discuter de leurs besoins médicaux propres à leur statut trans.
  • Un tiers des participants plus jeunes (14 à 18 ans) et la moitié des plus âgés (19 à 25 ans) ont indiqué qu’ils n’avaient pas reçu des services de santé physique nécessaires durant l’année passée, et ils étaient encore plus nombreux à n’avoir pas reçu des services de santé mentale nécessaires.